Symptôme
Cycles irréguliers et aménorrhée
Un cycle est considéré comme irrégulier s'il dure moins de 21 jours ou plus de 35 jours, ou s'il varie de plus de sept à neuf jours d'un mois sur l'autre. L'absence de règles pendant trois mois ou plus s'appelle une aménorrhée. Dans les deux cas, c'est le plus souvent le signe que l'ovulation n'a pas lieu.
Dossier sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.
Ce qui est normal, et ce qui ne l'est pas
Un cycle normal dure entre 21 et 35 jours chez l'adulte. La variabilité compte autant que la durée : au-delà de sept à neuf jours d'écart entre vos cycles les plus courts et les plus longs, on parle d'irrégularité même si chaque cycle pris isolément tombe dans la fourchette.
Les deux premières années après les premières règles et la période qui précède la ménopause échappent à cette règle : l'irrégularité y est physiologique. En dehors de ces deux fenêtres, un cycle durablement irrégulier mérite d'être exploré.
L'aménorrhée désigne l'absence de règles pendant trois cycles consécutifs, ou six mois si vos cycles étaient déjà irréguliers. La première chose à écarter est une grossesse, y compris quand elle vous paraît improbable.
Pourquoi l'ovulation ne se fait pas
Les règles sont la conséquence d'une ovulation. Après l'ovulation, le corps jaune produit de la progestérone ; sa chute déclenche les règles environ quatorze jours plus tard. Sans ovulation, pas de corps jaune, donc pas de chute de progestérone, donc pas de règles à échéance prévisible.
Dans le SOPK, plusieurs follicules démarrent leur maturation sans qu'aucun ne devienne dominant. L'excès d'androgènes et une sécrétion de LH trop élevée par rapport à la FSH bloquent la sélection du follicule. Les follicules s'accumulent, d'où l'aspect échographique qui a donné son nom au syndrome, sans qu'il s'agisse de véritables kystes.
D'autres causes bloquent l'ovulation par un mécanisme différent : un déficit énergétique, c'est-à-dire un apport alimentaire insuffisant par rapport à la dépense, met en veille l'axe hypothalamique qui commande le cycle. C'est l'aménorrhée hypothalamique, fréquente chez les sportives et en cas de restriction alimentaire, et sa prise en charge est l'inverse de celle du SOPK.
Ce qui agit réellement
Quand l'anovulation relève du SOPK, améliorer la sensibilité à l'insuline est le levier le mieux documenté pour restaurer des cycles. Une alimentation à charge glycémique maîtrisée, riche en fibres, associée à une activité physique régulière, permet à une partie des patientes de retrouver une ovulation.
L'inositol, en particulier le myo-inositol, fait l'objet d'essais montrant une amélioration de la régularité des cycles dans le SOPK. C'est l'un des compléments les mieux étayés sur cette indication, ce qui ne dispense pas d'en parler à un professionnel avant d'en prendre.
Quand l'anovulation vient d'un déficit énergétique, le traitement est de manger davantage et de réduire la charge d'entraînement. Appliquer dans cette situation les conseils destinés au SOPK, restriction glucidique et sport intensif, aggrave le problème. C'est pourquoi l'origine doit être établie avant d'agir.
Pourquoi l'absence de règles n'est pas anodine
Une aménorrhée prolongée n'est pas seulement une gêne. Sans ovulation, l'endomètre reste sous l'influence des œstrogènes sans le contrepoids de la progestérone, ce qui augmente à long terme le risque d'hyperplasie de l'endomètre.
Dans l'aménorrhée hypothalamique, le déficit œstrogénique prolongé retentit sur la densité osseuse, avec un risque de perte osseuse qui n'est pas toujours entièrement réversible.
Ces deux raisons suffisent à justifier une consultation, indépendamment de tout projet de grossesse. L'absence de règles est une information sur votre santé, pas un simple confort en moins.
Quand consulter
- Une absence de règles depuis trois mois ou plus, après avoir écarté une grossesse
- Des cycles régulièrement plus longs que 35 jours ou plus courts que 21 jours
- Des règles qui disparaissent alors que vous avez augmenté votre activité physique ou réduit votre alimentation
- Un projet de grossesse avec des cycles irréguliers, sans attendre les douze mois habituellement conseillés
Questions fréquentes
Un cycle de 40 jours est-il grave ?
Ce n'est pas grave en soi, mais c'est en dehors de la fourchette normale de 21 à 35 jours et cela traduit généralement une ovulation tardive ou absente. Si cela se répète, un bilan est justifié pour en identifier la cause.
La pilule régularise-t-elle vraiment mes cycles ?
Elle crée des saignements de privation à date fixe, ce qui donne l'apparence d'un cycle régulier, mais elle ne restaure pas l'ovulation : elle la supprime. C'est un choix thérapeutique valable, notamment pour protéger l'endomètre, mais il ne corrige pas la cause sous-jacente, qui réapparaît généralement à l'arrêt.
Puis-je avoir un SOPK avec des cycles réguliers ?
Oui. Le diagnostic repose sur au moins deux critères parmi trois : hyperandrogénie clinique ou biologique, ovaires d'aspect polykystique à l'échographie, et anovulation. Une femme peut réunir les deux premiers avec des cycles réguliers.
Le stress peut-il arrêter mes règles ?
Oui, par la voie hypothalamique. Un stress intense ou prolongé, un déficit énergétique ou une perte de poids rapide peuvent mettre en veille l'axe qui commande le cycle. C'est un mécanisme différent de celui du SOPK, et il appelle une prise en charge opposée.
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