Symptôme
Acné hormonale
L'acné hormonale se reconnaît à sa localisation, mâchoire, menton et cou, à son caractère inflammatoire et profond, et à son rythme lié au cycle. Chez l'adulte, elle traduit souvent un excès d'androgènes ou une sensibilité accrue de la peau à ces hormones, et non un défaut de nettoyage.
Dossier sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.
La reconnaître
Trois signes la distinguent d'une acné de l'adolescence. Sa topographie d'abord : elle se concentre sur le tiers inférieur du visage, mâchoire, menton, pourtour de la bouche et haut du cou, alors que l'acné juvénile occupe surtout le front, le nez et les joues.
Sa nature ensuite : elle donne des lésions profondes, inflammatoires et douloureuses, des nodules et des kystes plutôt que des points noirs. Ces lésions durent longtemps et laissent volontiers des marques pigmentées.
Son rythme enfin : elle suit le cycle. Beaucoup de femmes constatent une poussée dans les sept à dix jours qui précèdent les règles, au moment où la progestérone chute et où le rapport entre androgènes et œstrogènes se déplace.
Le mécanisme
La glande sébacée porte des récepteurs aux androgènes. Sous leur effet, elle produit davantage de sébum, et ce sébum change de composition. En parallèle, les cellules qui tapissent le canal du follicule se multiplient et l'obstruent. Le mélange sébum abondant et canal bouché crée l'environnement où prolifère la bactérie Cutibacterium acnes, d'où l'inflammation.
Comme pour l'hirsutisme, la résistance à l'insuline amplifie le phénomène. L'insuline élevée fait baisser la SHBG, ce qui augmente la testostérone libre. Elle stimule aussi la production d'IGF-1, un facteur de croissance qui agit directement sur la glande sébacée et sur la prolifération des cellules du follicule.
C'est ce second mécanisme qui explique le lien, longtemps contesté puis documenté, entre certains aliments et l'acné. Les aliments à charge glycémique élevée et, chez certaines personnes, les produits laitiers, élèvent l'IGF-1.
Ce qui agit réellement
Les études d'intervention sur l'alimentation à charge glycémique basse montrent une réduction du nombre de lésions inflammatoires, avec un effet mesurable en huit à douze semaines. C'est l'un des rares liens alimentation et peau qui repose sur des essais contrôlés et pas seulement sur des observations.
Le lait, en particulier écrémé, est associé à l'acné dans plusieurs études observationnelles. Le mécanisme évoqué passe par l'IGF-1. L'association est plus faible pour les produits fermentés comme le yaourt. Cela ne justifie pas d'exclure les laitiers par principe, mais un test d'éviction de huit semaines est raisonnable si vous suspectez un lien.
Les oméga-3 réduisent la production de médiateurs inflammatoires impliqués dans la lésion acnéique. L'effet est modeste pris isolément, plus net quand il accompagne une baisse de la charge glycémique.
Côté dermatologique, les traitements locaux et généraux relèvent d'une prescription. L'alimentation les complète, elle ne les remplace pas, et une acné inflammatoire qui laisse des cicatrices justifie une consultation sans attendre de tester quoi que ce soit.
Quand consulter
- Des lésions profondes et douloureuses, ou qui laissent des cicatrices
- Une acné apparue ou aggravée brutalement à l'âge adulte
- Une acné associée à des cycles irréguliers ou à une pilosité inhabituelle, qui oriente vers un bilan hormonal
- Un retentissement sur votre moral, sans attendre que la peau soit « assez grave »
Questions fréquentes
Pourquoi mon acné revient-elle toujours avant mes règles ?
Dans la seconde moitié du cycle, la progestérone puis les œstrogènes chutent, ce qui laisse relativement plus d'influence aux androgènes sur la glande sébacée. La production de sébum augmente à ce moment précis, d'où la poussée récurrente en phase lutéale tardive.
Faut-il arrêter les produits laitiers ?
Pas systématiquement. L'association existe dans les études observationnelles, surtout pour le lait écrémé, mais elle n'est ni universelle ni forte. Une éviction test de huit semaines, suivie d'une réintroduction, vous dira si vous êtes concernée. Supprimer un groupe alimentaire entier sans bénéfice constaté n'a pas d'intérêt.
Le chocolat donne-t-il des boutons ?
Ce n'est pas le cacao qui est en cause mais le sucre qui l'accompagne. Un chocolat noir à forte teneur en cacao a une charge glycémique faible, contrairement au chocolat au lait. La question pertinente est la charge glycémique de l'aliment, pas sa catégorie.
Combien de temps avant de voir un changement ?
Comptez huit à douze semaines pour juger d'un changement alimentaire. C'est la durée d'un cycle complet de renouvellement du follicule pilo-sébacé. Un jugement porté après deux semaines ne veut rien dire, dans un sens comme dans l'autre.
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Savoir d'où ça vient, puis agir dessus
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